Dans le cadre de l’élaboration du Projet Scientifique et Culturel, le musée organise des réunions de travail structurées autour de grands axes afin de définir ses orientations pour les cinq années à venir.
Quel musée souhaitons-nous devenir ? Quelles collections devons-nous valoriser en priorité ? Quels points devons-nous améliorer ? Quelle place le musée doit-il occuper sur le territoire ?
Ces questions sont au cœur d’échanges réunissant élus, partenaires, enseignants, habitants et professionnels du secteur.

Compte-rendu de la réunion N°1 – Collections & patrimoine du musée

Jeudi 12 février – 9h00

La réunion a rassemblé principalement des élus locaux, des services départementaux de conservation, des Archives départementales (AD 81), du CAUE 81, ainsi que des acteurs associatifs liés au patrimoine et l’ensemble de l’équipe du musée. Des partenaires culturels et techniques (musée du verre, Fablab, PATSTEC) étaient également présents.

Parmi les excusés figuraient des représentants de la DRAC, de la CRMH, de l’UDAP 81, des mairies concernées, d’autres musées régionaux, du monde universitaire et de l’architecture patrimoniale, ainsi que des structures spécialisées en patrimoine industriel et scientifique. Il s’agit néanmoins de partenaires proches de nos activités, avec lesquels nous avons eu des échanges en amont de la réunion.

Visite

Visite de 15 minutes du musée, en insistant sur les dispositifs de médiation, la thématique abordée, les différents canaux de médiation..

État des lieux

Quelles sont les collections du musée ? De quoi se compose notre patrimoine ?
Cet organigramme grand format offre une double lecture de nos collections, par statuts et par thématiques. Il met en évidence l’étendue de notre patrimoine, ses enrichissements et ses manques. Les participants ont apprécié cette vue d’ensemble, révélant la richesse et la diversité souvent méconnues de nos collections.

Ateliers participatifs

  1. ATELIER « Mon type de collection préféré »

Nous avons demandé aux participants, individuellement de choisir un objet / une collection qui, selon eux, racontait le mieux le musée aujourd’hui ou devrait mieux le raconter demain. Ces choix révèlent un fort attachement au bâtiment et aux dimensions immatérielles des collections (témoignages, sons…), ainsi qu’aux gestes et savoir-faire liés aux productions. Les participants ont majoritairement privilégié les ensembles qui placent l’humain au cœur du propos et des collections.

  1. ATELIER « Collections & patrimoine »

« Ce que nous avons, ce que nous sommes, ce qu’il nous faut »

Cet atelier a permis d’identifier ce qui fait la singularité du musée et les pistes à développer pour enrichir son récit.

Ce que nous distingue :

Un site naturel et industriel exceptionnel, où le lieu raconte lui-même l’histoire.
Des maquettes sont un atout majeur, offrant une vision globale de la chaîne de production.

Ce qu’il nous reste à raconter :

Ouvrir davantage le récit vers les enjeux actuels et futurs des énergies propres, pour inscrire le musée dans une perspective contemporaine.
Mieux révéler le fonds photographique, en croisant les regards (mine & charbon sur le territoire, outils, productions).
Donner toute leur place aux femmes dans l’histoire industrielle, visibles dans le fonds photographique, les archives et les plans (certains signés par elles). Montrer davantage combien les femmes étaient aux côtés des hommes…
Explorer une médiation plus sensorielle, immersive et incarnée : manipuler, expérimenter, ressentir. L’apprentissage par le geste et l’expérience du corps ont été identifiés comme des leviers forts de compréhension.

  1. ATELIER « Conservation, réserves & bâtiment »

« Le musée en tension : fragilités, priorités et potentiels »

Ce qui coince au musée :

Le bâtiment présente des fragilités structurelles qui freinent le développement du musée. Le lancement en 2026 d’une étude pour la rénovation des zones d’urgence marque toutefois un signal encourageant et une première étape concrète.

Ce qui est urgent :

Consolider le bâtiment et permettre la réouverture complète du musée.
Rénover les espaces essentiels : accueil, bureaux, salle pédagogique, sanitaires.
Finaliser la numérisation des collections (environ 4 000 pièces : plans, négatifs, diapositives), enjeu majeur pour la conservation et la valorisation.

Carte blanche ! Et si on réinventait le musée ?

Réorganiser les réserves pour une gestion plus cohérente et fonctionnelle.
Donner vie au patrimoine grâce à des dispositifs immersifs (réalité augmentée, ambiances sonores et visuelles) pour plonger le visiteur dans la chaleur des fours et le bruit des ateliers.
Et, dans une vision plus audacieuse : Intégrer la centrale 2 et son canal au parcours de visite afin d’élargir l’expérience. Ou imaginer une passerelle pour traverser le Saut de Sabo…

  1. ATELIER « Recherche et documentation scientifique »

« Faire vivre le musée : recherche, savoir-faire et récit »

Ce qu’il reste à explorer

Valoriser les figures industrielles qui ont marqué l’histoire du SDT (Soult, Massenet, Talabot) : des familles romanesques aussi importantes à l’échelle nationale que locale.
Mieux documenter et raconter la fermeture de l’usine, malgré les lacunes d’archives (1969–1983), pour comprendre cette période charnière.
La vie dans les ateliers et l’organisation scientifique du travail, notamment le taylorisme et son application concrète dans les ateliers.

Qui peut rejoindre l’aventure ?

Créer des ponts entre patrimoine et présent est apparu comme une priorité.
Acteurs de la transmission et du faire : fablabs, Compagnons du devoir, formations BTS et BUT.
Monde universitaire : master d’histoire publique, laboratoire LISST (géographes et sociologues), thèses CIFRE autour des thématiques industrielles.
Acteurs économiques : entreprises du site, CCI, chambre des métiers.
Réseaux départementaux pour inscrire l’histoire industrielle dans une lecture plus large de l’histoire sociale du territoire.
Ouverture vers l’innovation (ex. laboratoires en robotique).

Carte blanche ! Ce que nous pourrions devenir

Un conservatoire des techniques, en lien avec les entreprises et les enjeux industriels actuels.
Un lieu de dialogue entre industrie d’hier et industrie d’aujourd’hui.
Un musée inscrit dans le passé, le présent et le futur, ouvert sur la recherche, la transmission et les mutations du monde contemporain.

  1. ATELIER « Médiation et valorisation »

« Comment valoriser les collections, le patrimoine et l’histoire du SDT « 

Ce que nous voulons mieux raconter

Créer un sas chronologique immersif, espace introductif interactif structuré autour d’un film, avec l’eau comme fil conducteur.
Susciter la curiosité autour de l’exploitation de la nature par l’homme.
Clarifier le parcours de visite grâce à un marquage au sol ou un repérage plus affirmé.
Insister davantage sur les énergies propres et leur résonance actuelle.
Développer certaines thématiques fortes : la place des femmes hier et aujourd’hui, les récits liés à la Seconde Guerre mondiale, le transport ferroviaire…

Comment donner vie à notre patrimoine et à nos collections

Plonger le visiteur dans des ambiances sensibles et immersives : Par la réalité virtuelle (chaleur des fours, bruits d’ateliers…) par le son et l’image pour recréer l’atmosphère industrielle.
Humaniser le récit : « Pourquoi pas suivre la vie de plusieurs personnes clés de l’usine comme des ouvriers, femmes, paysans, enfants, pendant la guerre… humaniser l’histoire pour essayer de projeter le visiteur dans la vie de ceux et celles qui ont fait cette histoire »
Permettre au visiteur de choisir son angle de visite, en adoptant différents points de vue narratifs ou circuits de visite.

Ce que nous pourrions devenir

Un musée immersif, où l’on ressent autant qu’on apprend.
Un récit incarné, centré sur les trajectoires humaines.
Une muséographie attentive aux enjeux de développement durable, cohérente avec le propos porté sur l’énergie et l’environnement.

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